L’expatriation, un choix de vie

 

Lac Victoria

Lac Victoria

 

L’expatriation, un choix de vie ou pas ? Pour moi, l’expatriation a été un choix de raison, d’amour et surtout de principe, je dis bien pour moi. Parce que je pense qu’il est important de vivre ensemble quand on est une famille et que cela est possible (conditions matérielles, physiques et sécuritaires).

Malgré mon BAC+5 en Marketing Stratégique, je suis femme au foyer semi active, je travaille ou pas selon les pays et leurs réglementations. Sinon je fais du commerce (jus, beurre de karité, vêtements, pochettes, savons, henné, etc.) ou je donne des cours dans des écoles supérieures, je m’adapte selon les réalités et les besoins des pays en question. Il est important pour moi de rester active intellectuellement et financièrement (même si ce n’est pas toujours évident). Pour moi, rester humble et se rappeler qu’il n’y a pas de petit métier est essentiel, les opportunités sont partout et il faut savoir les saisir.

D’aucuns pensent que nous, les femmes d’expatriées ou en expatriation, menons la belle vie, et que nous avons une armée de domestiques à nos ordres pour satisfaire nos moindres désirs. Que nous sirotons des cocktails toute la journée les pieds en éventail devant nos « piscines », que nous faisons du shopping quand ça nous plaît,… Il est vrai que ça peut arriver à certaines, mais comme cela peut arriver à de nombreuses personnes partout dans le monde.

Cela dépend des pays mais aussi des femmes concernées. Pour ma part, cette vie loin de chez moi est parfois jalonnée de doutes, de craintes, de frustrations parce que je me voyais travailler à plein temps, avoir un très bon salaire et les avantages qui vont avec. Prendre de l’argent de poche même quand son conjoint vous le donne sans problème est parfois dure a accepter. Ne pas avoir de carrière toute tracée malgré ses diplômes, ne pas avoir de cotisation sociale pour sa retraite, ne pas avoir d’épargne conséquent, ne pas être chez soi, ne pas savoir ou on sera dans 6 mois, 2 ans ou 5 ans… tout cela ne relève pas de l’évidence.

Etre parfois réduite à connaître et calculer le prix des denrées alimentaires sur le marché local , et à se poser la question quotidienne qui tue bon nombre de femmes: « qu’est ce qu’on prépare aujourd’hui ?   » Je peux vous faire un rapport sur le cours de la tomate en Afrique selon les saisons, et c’est très sérieux !

Mais le plus difficile c’est sans doute d’être confrontée à cet appel ou ce message que toutes les personnes qui sont loin de chez elles redoutent, celui qui vous annonce la perte d’un parent ou d’un être cher. Devoir rentrer précipitamment, n’avoir pas pu faire nos adieux comme il se doit. C’est atroce et extrêmement douloureux. Je l’ai vécu deux fois et j’espère ne plus jamais vivre ça loin de chez moi. C’est aussi ça la vie d’expatrié.

>> A lire : Mon père, mon héros !

Cependant cette vie est riche en aventures, en joie et surtout en découvertes. Que de découvertes ! Des rencontres fabuleuses ou hasardeuses, des amitiés brèves mais intenses et fidèles. Je reçois tous les jours des leçons de vie. L’important dans tous les cas est de rester positive et d’avoir des objectifs (familiaux et personnels) précis car cette vie renforce les couples mais peut aussi les séparer.

>> A lire Vivons heureux, vivons loin ?

Quand en plus vous avez des enfants en bas âges, il nous faut être fortes et positives pour les rassurer et leur permettre de s’adapter. Il faut leur présenter ce changement comme une chance, comme un nouveau départ, leur dire que les amis qu’ils ont quitté resteront à jamais les leurs et qu’ils se reverront un jour ou l’autre. Mais expliquer ça à un enfant de 3 ans en maternelle est une véritable aventure psychologique pour lui comme pour vous…

Pour celles et ceux qui hésitent, pour de multiples raisons, je vous dirais que tout dépend de vous, de votre conjoint, de vos obligations antérieures, de vos principes de vie… Tout quitter pour dépendre d’une personne qui vous rappelle à la moindre occasion que vous êtes un fardeau, c’est horrible. Mais cela peut aussi être une expérience unique de bonheur et d’harmonie familiale. C’est quoi qu’il arrive un nouveau départ !

Que l’expatriation soit un choix de vie ou pas, qu’elle soit contrainte ou pas, cela reste un déchirement. Mais c’est aussi un doux et merveilleux voyage vers les autres.  C’est une chance que nous devons accepter comme telle, c’est une aventure physique, psychologique, intellectuelle et humaine. C’est la mienne et je la vie pleinement!

A vous mes soeurs, amies, mères, d’ici et d’ailleurs : enjoy your life ! Nous sommes des wonderwomen, des exploratrices à notre manière, des mines d’expériences et de connaissances diverses et variées ! Pour ma part, je sais que je reste le repère de tous, quand tout change autour d’eux.

>> A lire Soyez des mines !

Bon voyage !

 

Tim

 

Musulmane toi? on dirait pas

Tu es musulmane toi? Ah bon? On dirait pas…

Cette phrase je l’ai souvent entendu surtout pendant mes études à Dakar. Et la question que je leur posais à mon tour était

« à quoi ressemble une musulmane? » Et surtout « à quoi je ressemble?? »

Et pourtant je suis musulmane! J’ai fini par comprendre pourquoi je ne ressemblais pas à « l’idée » que ces personnes avaient d’une musulmane, une amie a tenté tant bien que mal, tout en restant confuse de me l’expliquer « tu as l’air trop libéré pour une musulmane ». Voilà! le mot est lâché  » libérée donc libre ». L’islam est donc pour certains une entrave aux libertés individuelles? Une prison? Un ensemble cumulés de restrictions surtout pour les femmes? Non je ne connais pas et ne pratique pas cet Islam, heureusement! Fort heureusement!

Oui, pour eux je semble trop extravertie, je parle et ris trop fort, je sors, j’ai des amis et surtout je dis ce que je pense quelque soit la personne, avec plus ou moins de diplomatie selon le niveau du débat. Et pourtant je suis musulmane!

Je ne me voile pas parce que je n’y suis pas prête pour le moment. Mais surtout parce que je ne veux pas jouer à cache cache avec Dieu, à mettre et à enlever mon voile au gré de mes humeurs et des âges. Je le ferai quand je serais sûre que mon choix est définitif. Et pourtant je suis musulmane!

Je ne mange plus de porc parce que j’ai tout simplement décidé d’arrêter de le faire. C’était le moment, je savais pouvoir tenir et je le fais. C’est mon choix maintenant. J’en ai mangé auparavant. Et pourtant je suis musulmane!

Je fais l’aumône aussi souvent que possible. Et In Shaa Allah j’irai à la Mecque si j’en ai la possibilité. Je fais mes 5 prières avec parfois du retard, (je travaille à changer) mais je ne vais pas le tatouer sur mon front. Je fais le jêun de Ramadan quand je ne suis pas malade, enceinte ou quand j’allaite. Et pourtant je suis musulmane!

Je ne bois plus d’alcool parce que j’ai la colopathie et que 1/2 verre de vin ou de liqueur, même fortement dilué, bu et je suis malade pendant 3 jours. Et comme boire n’est pas pour moi une nécessité vitale tout va bien. C’est interdit pour moi je le sais mais j’ai bu (jamais au point de me saouler quand même) lors de fêtes ou de cérémonies diverses. Et pourtant je suis musulmane!

J’ai fait bien d’autres choses interdites par toutes les religions révélées. Mais  je me rappelle que petite je suivais mon amie Dalhia au catéchisme les jeudis soir juste pour qu’on ait le maximum de temps à partager ensemble. Ensuite on rentrait à vélo et on jouait. J’écoutais religieusement parce qu’on m’a appris à respecter les autres. Et pourtant je suis musulmane!

Je ne pense pas que tous les non-musulmans iront en enfer. Je crois en l’homme malgré tout et je pense qu’il y a des croyants bons et des non croyants bons. Il y’a des Hommes bons ou pas , un point c’est tout. Je pense qu’il y’a des prostitués qui ont plus de vertus et de foi que certains « Hommes de Dieu ». Je suis contre toutes formes d’extrémisme. Et pourtant, je suis musulmane!

J’ai eu la chance de naître et de grandir dans mon pays le Burkina Faso où toutes les religions sont respectées. Où il n’y a pas de nord musulman et de sud chrétiens. Où à chaque fête du Ramadan et de la Tabaski je recevais tous mes amis d’autres religions et aussi ceux sans religions. Où à chaque fêtes de Pâques, de Noël je faisais le tour de tous mes amis chrétiens pour me régaler. Et pourtant je suis musulmane!

J’ai été élevé dans la tolérance humaine et islamique. J’ai appris ma religion, pas autant que le voudrait ma mère, mais assez pour la pratiquer et je continue d’apprendre. J’ai pitié des faibles, je pleurs pour chaque injustice sur cette terre que je vois, du Burkina à la Birmanie parce que morts nous avons tous le même nom. Parce que la douleur n’a ni religion, ni couleur , ni géographie tout comme la bêtise humaine. Et pourtant je suis musulmane!

Je suis une femme noire, je suis instruite, je suis optimiste, je ris aux éclats tant que c’est drôle, je conduis, je voyage, je sors, j’aime les jeans et les pantalons en général, j’ai des amis de tous âges et de tous horizons, j’aime passionnément et j’oublie vite ceux qui sortent de ma vie, j’aime lire et écrire, je ne suis pas arabe,  je pleure devant un film émouvant tout comme devant la barbarie humaine, j’aime la nature et les animaux et je les respecte, je joue avec mes enfants, je ne suis pas excisée (oui parce que je rappelle que l’excision n’a jamais été un précepte Islamique). Et pourtant je suis musulmane!

Sur mon tapis de prière, seule fâce à Dieu, je suis une croyante qui implore sa miséricorde, son pardon et sa protection. Je n’ai pas besoin que tout le monde le sache. C’est un acte intime. La foi est tellement intime. LUI il le sait et cela me suffit. IL accorde son pardon à qui il veut et élève qui IL veut. J’ai moi aussi jugé des gens selon leurs apparences. Mais qui sommes nous? Ce qu’il y’a entre Dieu et sa créature nul autre ne le sait. Laissons le donc seul juge car chacun répondra seul de ses actes. Donc avec humilité laissons LE juger.

Face à l’image que renvoie ces fous extrémistes et drogués de ma religion, seulement guidés par des intérêts économiques, sexuelles et égoïstes il est important de faire la part des choses. Les premières victimes de ces dingues sont les musulmans, au Nigeria, au Kenya, au Mali, au Niger, au Tchad, en Birmanie, en Palestine, au Liban, en Turquie, à Paris, … Si faire exploser des femmes, des enfants et des jeunes pour en tuer d’autres fait partie de la pratique d’une religion, ce n’est certainement pas la même que je pratique. Et pourtant je suis musulmane!

Ces gens ont leur propre lecture de ce livre sain qu’ils n’ont d’ailleurs, pour la majorité, pas lu. Ils mélangent souvent religions et cultures ancestrales et finissent par pratiquer une religion qu’eux seuls comprennent pour ensuite aller se faire exploser dans l’espoir de vivre à jamais avec 70 vierges et de manger et boire à leur faim à jamais. Quel objectif! Si seulement ils lisaient même le Coran… L’islam n’est que le prétexte actuel comme le furent le catholicisme et le protestantisme pour mener des guerres et des invasions à une certaine période de l’histoire. Ces personnes existent malheureusement et pourtant moi je suis musulmane!

Quand un dingue, un psychopathe rentre dans une école et vide son chargeur sur des étudiants ou des enfants aux États Unis ou ailleurs je ne m’attends pas à ce que sa communauté religieuse sortent se justifier ou expliquer qu’il ne l’a pas fait parce qu’il est catholique, protestant ou bouddhiste. Je le sais, c’est juste un tueur pour moi peut importe son nom, qu’il s’appelle Paul ou Ali, peu importe son jour de prière ou ses revendications. Et pourtant je suis musulmane!

Mais tant qu’il y aura des injustices, des inégalités criardes, du racisme, de la xénophobie et de l’intolérance il y aura toujours un terreau fertile pour ces fous. Tant que nous ne comprendrons pas tous l’effet papillon, à savoir qu’un arbre abattu au Cambodge, un animal abattu en Australie,  un être humain tué en Syrie ou au Soudan peut avoir un impact sur la vie d’un Mozambicain nous ne n’avancerons pas. Il faut s’attaquer aux causes réelles, les amalgames ne sont que des parades pour contourner les vrais problèmes. Personne n’est à l’abri et, ce que nous voyons  à la télévision n’arrive pas qu’aux autres. Ohhh que non!

Oui, aussi bizarre que cela semble à certains je suis musulmane, pratiquante et fière de l’être! Je ne suis pas une bonne musulmane, je suis une musulmane qui travaille tous les jours à être une meilleure personne. Je suis une fille, une femme, une mère, une épouse, une soeur, une amie qui aime son prochain tout simplement qui qu’il soit…

Et je ne sais toujours pas à quoi je ressemble finalement! ?

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Tim

 

Afrique et dépression : pourquoi tant de rejet ?

Ma dame de pierre

Ma dame de pierre

Déprimé(e) ? En Afrique ? Ça ne peut pas arriver, avec la famille, les amis, l’environnement social tu ne peux pas l’être enfin ! La dépression c’est pour les « Blancs » ! Je ne sais pas pour vous mais j’ai souvent entendu ce type de phrase et je l’ai même certainement au moins une fois prononcée. Comme si la déprime, la dépression ou le mal être avaient une couleur. Qu’elles ne pouvaient pas, ou pire, ne « devraient » pas nous arriver.

D’aucuns pensent même que quand vous en parlez c’est pour vous vanter ou vous faire passer pour ce que vous n’êtes pas. Comme si la dépression était un luxe que les Africains ne pourraient s’offrir. Si vous avez le temps d’être déprimé c’est que vous n’êtes pas assez occupé dans la journée.

Pourtant, la dépression existe aussi bien ailleurs que sous nos latitudes. Et elle n’arrive pas « par hasard », il y a toujours pour une/des raison(s) . Certains arrivent à la surmonter mieux que d’autres qui ont plus de mal à s’en défaire. Il est important aussi de distinguer la déprime (qui est occasionnelle et passagère) de la dépression nerveuse, qui elle est profonde, sournoise, chronique et durable et aussi évidemment, plus difficile à surmonter.

Les raisons peuvent être multiples, ce trouble psychique est généralement dû à des traumatismes tels des chocs affectifs, des séparations, des deuils, l’éloignement, la grossesse, la maternité, la maladie etc. Parfois la dépression est due à la combinaison de plusieurs de ces facteurs. Le deuil, par exemple la perte d’un parent ou d’un être cher, voire le deuil d’une relation amoureuse, d’une relation amicale, d’un emploi, d’une carrière, la retraite. Mais aussi le changement de style de vie, la maternité et la paternité (accepter et intégrer l’idée que l’on ne pourra jamais faire un enfant soi même est un véritable deuil en soi), etc. Toutes ces épreuves de la vie peuvent conduire à une déprime passagère ou même à une dépression profonde.

En Afrique, il est vrai que l’aspect social est parfois omniprésent mais trop de social tue le social. Souvent, précisément à cause du social et de l’environnement, nous n’arrivons pas à vivre notre peine ou notre deuil comme il se doit. Nous  n’arrivons pas à aller au bout de notre peine. Nous ne devons pas exposer notre douleur, parce que dire que « ça ne va pas » est mal vu. Et pourtant quand ça ne va pas, et bien ça ne va pas ! (A lire : Vivre mieux ? Libérez vous de ces 3 personnes toxiques)

Savoir reconnaître les signes précurseurs d’une déprime annonciatrice d’une dépression nerveuse et  ne pas les nier est un préalable pour s’en sortir. Voici une liste non exhaustive de ces signes précurseurs identifiés par le corps médical:

– la fatigue permanente

– l’envie de rien

– le moral à zéro

– des chutes de cheveux inexpliquées au milieu du crâne  (ou ailleurs)

– des éruptions cutanées soudaines non allergogènes

– l’envie de rester seule (ne vouloir voir et parler à personne)

– des envies soudaines de pleurer sans raisons valables

– l’envie de pleurer chaque fois que l’on doit aller travailler (attention au « burn out »)

– des crampes d’estomac liées au stress qui engendre souvent  la dépression

– une irritabilité nouvelle

– un manque ou une absence insupportable  (parent,conjoint, ami, emploi,…)

– l’impression que vous ne vous en sortirez jamais

– le manque soudain de motivation professionnel ou personnel

– quand le pyjama devient votre meilleur ami, que vous le portez toute la journée sans aucune envie de l’enlever ou de vous laver

– l’envie de rester affalé toute la journée sur son canapé ou sous sa couverture

– le manque d’intérêt pour sa propre personne et les soins corporels

– des idées sombres, morbides et suicidaires

– une perte soudaine et durable d’appétit ou, au contraire, une envie permanente de grignoter tout et n’importe quoi

– une baisse de la libido

– une irritabilité et une nervosité soudaine et sans explication concrète

– une consommation abusive d’alcool

La combinaison d’au moins deux de ces signes peut indiquer vous que vous êtes dans une phase dépressive et que vous avez besoin d’aide. Ou pas, c’est selon votre capacité à rebondir naturellement. Cependant, si ces symptômes persistent plus de deux semaines, il est préférable d’aller consulter un médecin au plus vite.

Guérir c’est bien; mais avant tout, il faut se connaître soi même et savoir comment on réagit face aux coups de la vie. Certains vivent toutes leurs émotions à fond et donc leur déprime aussi. Ces personnes, dont je fais partie, préfèrent aller au bout de leurs émotions, s’enfoncer jusqu’à toucher le fond enfin refaire surface, comme une renaissance ! D’autres camouflent la dépression et savent la gérer dès le début et s’en sortent bien. Mais plus nombreux sont ceux qui refusent de l’admettre et s’en sortent difficilement.

Reconnaître ces symptômes et accepter l’aide des proches et d’un psychologue, si nécessaire, permet de s’en sortir. Parce que oui, aller voir un psychologue, peut vous sauver la vie en cas de dépression nerveuse ou chronique ! Le fait d’en parler à un psy ou à un proche peut vous aider ou sinon écrivez, l’écriture permet à certaines personnes de mieux exprimer leurs émotions et les aide à vider littéralement leur sac. Vous couchez sur le papier toute votre douleur et toute votre tristesse et vous vous libérez d’un  poids. Essayez !

En outre, le sport, la musique , la danse, la marche, le tricot, la cuisine , la famille, la télé, les amis, les proches,… peuvent vous aidez à vous en sortir plus ou moins vite. Par ailleurs, si vous êtes de nature optimiste vous vous en sortirez généralement mieux.

Ma soeur aînée m’a dit « quand tu n’as pas la solution d’un problème, c’est que ce n’est pas un problème « . Parce que tu n’y peux absolument rien. Cette phrase, loin d’être une invitation au défaitisme ou à la facilité, pousse à aller de l’avant quelques soient les difficultés de la vie.

Alors oui, je suis une jeune africaine qui a déjà vécu une grande déprime après un deuil ou d’autres chocs inhérents a la vie. Je suis humaine, j’ai des sentiments et donc autant d’émotions. Oui, je m’en suis remise parce que j’ai accepté mon état et aussi parce-que je suis de nature positive.

Que vos coups durs vous soient à toutes et tous supportables ! La déprime est en général une étape transitoire vers un avenir meilleur. Restez positifs, rebondissez et vivez votre vie à fond. La vie passe si vite…

Tim.

Dakar, Kampala, Libreville puis Antananarivo.

PhotoGrid_1462773859637-1Cela fera 12 ans le 14 Septembre que je ne réside plus dans mon beau pays le Burkina Faso (à lire Burkinabè ). 12 ans dans ma petite vie… Avant de vous parler de mon nouveau pays de résidence qui est Madagascar (que je découvre tous les jours un peu plus) je veux faire un bref récapitulatif des pays ou j’ai résidé. Je vais vous dire ce que j’ai retenu de ces pays et de leurs habitants avec mon oeil d’étudiante puis d’expatriée. J’ai appris différentes choses dans chaque pays et j’en suis toujours sortie plus riche d’expériences donc je ne serai pas ingrate comme me l’a si bien inculqué mon cher père et je resterai du mieux que je peux « positive » et objective.

Complètement à l’Ouest: Dakar, Sénégal 2004-2009, 5 ans

J’ai tellement de souvenirs dans ce pays d’un peu plus de 14 700 000 habitants, parce que c’est celui de mes années d’université. Et quelles années… Ce que j’aime au Sénégal c’est ce mélange de tradition et de modernisme qui se côtoient au quotidien. Ces femmes qui savent si bien prendre soin d’elles, de leurs conjoints et de leurs lieux de vie. Le poisson, le riz sous toutes ces formes (c’était avant de connaître Madagascar), les fruits de mer, l’encens, les marchés Sandaga et HLM et Nice Cream (oui difficile d’y résister!). Les négociations interminables avec les marchands qui te disent « on discute waye on est pas à la pharmacie, dis ton prix seulment » pour finalement acheter le produit à 1/10 ème voire 1/50 ème du prix.

Le taximan qui peut te ramener à ton lieu de départ initial à cause d’une discussion, à son initiative, sur le montant de la course qu’il avait préalablement accepté. Ce pays peut extravertir tous les introvertis comme me l’a dit une fois mon amie Balkissa. Le fait que l’on peut tout ou presque y acheter au détail , le vinaigre, la moutarde, le café, mais aussi la pâte dentifrice et le déodorant (si si c’est très sérieux) et j’ai trouvé cela superbe parce que quelque soit vos revenus vous pouvez vous nourrir et avoir le minimum pour votre hygiène corporel au jour le jour.

C’est une capitale en ébullition et en chantier et s’il est vrai que le manque d’espace et la vie dans des immeubles peut très vite lasser,  je trouve aussi avec le recul que Dakar est une bonne capitale pour élever un enfant à cause de l’offre éducative et surtout de la richesse de la vie culturelle. Théâtre, centres de loisirs, récitals, concerts, tous les arts sous toutes leurs formes s’y côtoient. Saly, Ngor, Saint louis, Thiès et Gorée que j’ai eu le plaisir de visiter. Mais Dakar c’est aussi les loyers exorbitants, la saleté de certains quartiers, la pédophilie aussi, et la cherté de la vie, mais ça c’était avant de connaître le Gabon… L’hospitalité la fameuse Teranga y existe certes mais pas plus que dans de nombreux autres pays africains ou du monde. Je retiens mon passage à Niyel ou j’ai énormément appris et et rencontré des collègues extraordinaires. Il y a aussi eu les galères, les joies, les peines, les aventures et mésaventures de la vie d’étudiant et surtout surtout les amitiés exceptionnelles qui sont nées de ce séjour, je pourrai faire un livre sur ce sujet en 3 tomes. Dieureudieuf Sénégal!

Karibu Kampala! Ouganda 2010-2012, 9 mois

Magnifique pays aux paysages époustouflants d’un peu plus de 32 300 000 habitants. Béni des Dieux tant la terre y est riche. Un climat tempéré presque toute l’année. J’y ai fait 9 mois sans ventilateur, climatiseur ou chauffage dans notre maison. Les légumes, le poisson grâce au lac Victoria (gigantesque) ,les épices et les fruits à profusion surtout le Jack fruit que j’ai découvert et que j’adore (c’est comme un très très gros Corossol sans l’acidité et c’est très sucré). A lire Parlons popote, parlons bien! Le thé, le café et la musique. La musique ougandaise est exceptionnelle, d’excellents chanteurs et très peu de concerts en play back, les shows là bas sont de vrais shows en live. Les taxis motos appelés « boda-boda » (comprenne qui pourra), le vainqueur de Rfi musique 2010, Maurice Kirya était Ougandais et a gagné avec le titre « Boda-Boda hurry up, hurry up », vraiment hurry up!

Les Ougandais mangent, ils mangent vraiment beaucoup mais bien et le plat principal est le Matoké (tô de banane). Ils ont 7 variétés de banane plantain et chacune à sa particularité (pour la friture, pour les beignets, pour le Matoké, pour la grillage,..). La ville de Mbarara, la ligne de l’équateur l’un des endroits ou on peut s’arrêter en plein milieu des 2 hémisphères de notre planète. Et surtout JINJA où se trouve la source du Nil, le plus grand fleuve du monde. On peut y voir l’eau jaillir des profondeurs du Lac Vitoria, 2 eaux, l’eau douce et l’eau de mer qui coulent sans jamais ce mélanger, c’est exceptionnel, c’est ahurissant c’est tout simplement unique!

L’artisanat est si riche et si beau. Les crèches pour enfants payables à la journée, le pragmatisme des anglophones est ce qui les fait avancer. Mais les d’enlèvements d’enfants à l’époque contre rançons m’ont vraiment marquée ainsi que les attentats de Juillet 2010 le jour de la finale de la coupe du monde car l’un des lieux (le restaurant Éthiopien) était à moins d’un km de chez nous à côté de Kabalagala. J’ai pu y improve my english car ils sont anglophones. Mais ils ont cette particularité de ne pas mélanger vies privées et relations professionnelles, ils ne reçoivent pas beaucoup chez eux (en tout cas je n’ai pas eu cette chance) mais ils sont ouverts aux autres et vous laisse vivre en paix tant que vous  ne faites rien de répréhensible. J’y ai vendu du jus de gingembre et ça me rapportait plus que mon salaire de Coordinatrice Culturelle à l’alliance Française parce qu’ils ne connaissent pas. Donc pensez y si vous y êtes! Des rencontres fabuleuses et enrichissantes…Asante Ouganda!

Mbolo! Libreville, Gabon 2011-2015, 4 ans

C’est tellement compliqué d’entrer dans ce pays d’un peu plus de 1 500 000 habitants et aussi d’en sortir (visas, paperasse,…) que je m’attendais a découvrir un petit Quatar mais que ne ni… loin de là! Très beau paysage , une terre riche mais si peu exploitée. Un climat agréable (9 mois de pluies sur 12).  Le bord de mer, le grand marché Mont-Bouet une afrique en miniature car les commerçants y sont en général installés par nationalités et par produits. Le village artisanale qui regorge de décorations en pierres taillées, bois de toutes les variétés, raphia, pagnes,… Les feuilles de manioc, le chocolat, le gluant, le poisson salé, les fruits de mer, les embouteillages monstres, le faussé entre riches et pauvres et la chèreté de la vie! Mais aussi les contrôles de police, les longues heures pour avoir une autorisation de sortie du territoire ou pour renouveler sa carte de séjour en supportant le mépris et parfois les injures des agents de l’immigration. Les crimes rituels et sordides qui m’ont traumatisée et rendue paranoïaque,  les difficultés pour trouver une bonne nounou et le personnel de maison en général. A lire 6 conseils pour recruter une nounou.

On y trouve tout ou presque pour son alimentation mais à quel prix!? Le salaire minimum légal est de 150 000 frs CFA mais c’est comme vivre avec 50 000 frs CFA à Ouagadougou. J’y ai surtout appris le self control. Disons que je n’avais pas tout à fait le même sens de l’hospitalité que beaucoup de gabonais. Venant de l’Afrique de l’Ouest  certains comportement m’ont heurté jusqu’à ce que je m’y fasse et que j’y réponde fermement.  J’y ai vendu beaucoup de beurre de Karité, des tenues en pagnes tissés du Burkina , j’ai donné des cours de Marketing dans des écoles supérieures mais j’y ai toujours des impayés parce que faire crédit à Libreville est suicidaire. Évitez!!!

Mais j’y ai fait des rencontres formidables et je n’oublierai jamais le personnel de la clinique Union Médical ou j’ai mis au monde ma fille aînée, le personnel a été d’une gentillesse et d’une disponibilité qui m’ont marqué à jamais. Malheureusement je n’ai pas pu découvrir les autres villes du pays à cause de la maternité et de l’accès aux villes de l’intérieur.  Merci Gabao!

Tonga Soa! Antananarivo, Madagascar 1 mois

Ce pays que je découvre au fil des jours est beau et surtout la vie y est peu chère, le niveau de vie est à peu près le même qu’au Burkina mais avec une plus grande variété de fruits, légumes, d’épices et de riz. Le riz sous toutes ses formes,variétés,. A lire A la découverte d’Antananarivo.  Tout y pousse et je découvre des fruits et légumes rares pour tous les goûts. Un climat doux sur les côtes mais l’hiver est rude. D’immenses immeubles mais aussi des maisons en étages mais en banco… Oui car Tana est une belle ville mais j’y ai découvert la misère, je connaissais la pauvreté mais ici j’ai vu des familles dormir dehors sous 6° celsius tout simplement parce qu’elles n’ont pas de toits et encore moins de quoi manger ou se vêtir, la mendicité infantile vous tirent les larmes des yeux. Remercions Dieu pour nos acquis!

Les malgaches sont sympathiques, plutôt réservés de prime abord, ils ont une forme de nonchalance appelée ici la « mora-mora » (prononcer moura-moura) rythme le quotidien et leurs activités. C’est déroutant au début mais quand on les comprend on sait comment s’adapter et obtenir ce que l’on veut.

Hummm la vanille de Madagascar, les sacs, nattes, chaussures en rafia. La beauté et l’originalité de l’artisanat, fin délicat, coloré, ingénieux, tout simplement magnifique… A lire Exotiquement votre!  Je découvre, j’apprend chaque jour, chaque mois, chaque saison,  sur ce beau pays, mon nouveau chez moi! Salàma!

Ma soeur aînée Zeneb m’a dit: » on ne peut pas vivre dans un pays et vouloir changer ses habitants, c’est à toi de t’adapter ». Et c’est tellement vrai. On apprend toujours des autres et on sort toujours grandi d’un pays, riche d’expériences et de souvenirs! L’expatriation est une expérience fabuleuse, cependant je pense que quand on a le choix il ne faut pas faire plus de 3 ans dans un pays, en tout cas c’est mon seuil de tolérance.

A vous tous que j’ai rencontré pendant mes séjours et qui avez chacun à votre manière enrichie ma vie je vous dis MERCI!!! parce que sans toutes ces expériences je ne serai pas celle que je suis aujourd’hui… Ami(e)s d’ici et d’ailleurs Barka!

Tim

Un matin pas comme les autres

Un réveil comme tous les autres. Je me dirige vers la douche, je passe devant le miroir de la commode avec un regard furtif. J’avance et je reviens sur mes pas, je regarde bien et je me demande qui est cette personne??? A qui appartient ce corps? A moi? Non! Ce ventre, ce corps en chantier est donc le mien? Comment ai je pu en arriver là?

Je me revois dans mes pantalons, mes hauts juste à ma taille qui épousaient bien mon corps sans aucun bourrelet apparent. Sur ma moto, une Ninja noire (très à la mode à l’époque au Burkina) insouciante, je n’avais jamais peur qu’un de mes boutons sautent ou que la braguette de ma fermeture explose. Sûre que ce corps me serait toujours fidèle.

J’avais arrêté le sport en 2000 à ma 4 ème pour des raisons de santé. Mais être élève est un sport en soit. Entre les ballets de fin d’année et les activités scolaires et extra scolaires du lycée, les sorties en boîtes se nuit, la marche dans la ville de Dakar à l’université, je pratiquais assez d’activité physique pour maintenir ma silhouette. Je n’ai jamais été fine mais tout était au moins harmonieux à l’époque.

Quand on me demandais « tu ne manges pas beaucoup, c’est pour entretenir ta ligne? » Je répondais toujours « quelle ligne? Ma courbe oui? » Mais maintenant ce n’était plus des courbes c’était des dunes, que dis je!? Des collines. Pendant et après ma première grossesse j’ai pris du poids ,j’ai réussi à en perdre avant la 2 ème. Et puis me voilà enceinte de jumeaux, après la pesée du 8 ème mois où la gentille sage femme m’a annoncé 99,5kg je n’ai plus voulu connaître mon poids jusqu’à l’accouchement.

J’accouche par césarienne pour la seconde fois, je perds beaucoup de poids juste après. Le manque de sommeil, l’allaitement, le stress ça aide. Le problème est venu après, pendant mes longtemps nuits d’éveil pour allaiter et pour suivre l’actualité politique au Burkina (insurrection populaire oblige) je mangeais, je grignotais surtout. A lire http://timworld.blog4ever.com/burkinabe. Oui quand je suis stressée je mange, biscuits, chocolat (ce délicieux criminel), chips, jus, gâteau tout y passait. J’enflais à vu d’oeil et les jumeaux tétaient au point de me rendre dingue.

Avec la césarienne impossible de faire du sport avant quelques semaines, et de toute façon je n’en avais ni le temps ni l’envie. Mais si au moins je mangeais des aliments sains et équilibrés… Manger pour 3 ne veut pas dire manger 3 fois plus, ça veut juste dire manger assez pour couvrir les apports nutritionnels de chacun. Fallait le savoir…

Ma mère, mes soeurs, mon frère, mes amies, m’ont alerté sur mon poids. Ma soeur aînée m’a même dit qu’à côté de mon mari on me prendrait pour sa mère, le choc! Mais c’est le jour où j’ai dit à mon mari il faut que je fasse un régime et qu’il m’a dit que notre fille aînée lui a dit une fois « maman est GROS » que je me suis dite « il faut te réveiller Fatim! ». Mon mari a au moins eu la délicatesse de ne pas me dire le fond de sa pensée. J’étais déjà assez complexée comme ça, à m’habiller dans le noir ou à courir me cacher dans la douche dès que j’entendais le bruit de ses pas.

Ce matin devant le miroir c’était comme une claque, j’étais sonnée devant l’ampleur de mon surpoids. Je m’approche et recule du miroir je me touche, je touche le miroir. Et depuis ce matin là, j’ai pris la décision de retrouver ce corps perdu. Pas de redevenir comme avant, non, d’aimer ce corps et de me le réapproprier.

Régime de nouveau mais cette fois ci un régime réfléchi, avec rééquilibrage alimentaire et sport. J’ai ensuite vu un médecin qui m’a fait faire un bilan et qui en fonction de mes résultats m’a dit ce que je devais éviter de manger et m’a prescrit un traitement pour palier à mes carences en minéraux. Je vous conseille vivement de voir un médecin ou mieux, un nutritionniste pour vous guider.

– Évitez de manger trop gras, trop salé, trop sucré.
– Évitez de grignoter entre les repas. Sinon mangez une pomme ou n’importe quel fruit ou légume.
– Mangez 5 fruits et légumes par jour.
– Pour votre santé, ayez une activité physique régulière.
Ces campagnes des organismes de santé nationaux et internationaux ne sont pas fait pour nous embêter, ils sont fait pour nous sauver la vie. L’obésité tue, c’est un vrai problème de santé publique.

Je les ai suivi avec quelques écarts de temps en temps quand même. Mon histoire d’amour avec le chocolat est trop forte! J’ai commencé le sport 30 à 45 minutes, 3 à 4 fois par semaine chez moi. Si vous n’aimez pas le sport mettez la musique que vous aimez et dansez pendant 30 minutes, effet bonne humeur garantie! J’évite de manger lourd et tard la nuit. Je m’autorise aussi, une fois par semaine, à manger ce dont j’ai envie avec modération, ça évite les frustrations et les rechutes. A lire Mangue et chouchou en folie!

J’ai perdu 8 kg en 4 mois. Lentement mais sûrement. Je continue à perdre doucement, mon objectif est de perdre 14kg en 10 mois. C’est une question de volonté, de survie pour mon équilibre mental et physique. Je veux retrouver mes courbes sans bourrelets et j’y arriverai. Je ne veux plus être « GROS » aux yeux de ma fille. Ce matin pas comme les autres était en fait le premier jour de mon nouveau moi.

Allez y à votre rythme, chaque gramme, chaque pas sera de toute façon une victoire.

Tim.