Dakar, Kampala, Libreville puis Antananarivo.

PhotoGrid_1462773859637-1Cela fera 12 ans le 14 Septembre que je ne réside plus dans mon beau pays le Burkina Faso (à lire Burkinabè ). 12 ans dans ma petite vie… Avant de vous parler de mon nouveau pays de résidence qui est Madagascar (que je découvre tous les jours un peu plus) je veux faire un bref récapitulatif des pays ou j’ai résidé. Je vais vous dire ce que j’ai retenu de ces pays et de leurs habitants avec mon oeil d’étudiante puis d’expatriée. J’ai appris différentes choses dans chaque pays et j’en suis toujours sortie plus riche d’expériences donc je ne serai pas ingrate comme me l’a si bien inculqué mon cher père et je resterai du mieux que je peux « positive » et objective.

Complètement à l’Ouest: Dakar, Sénégal 2004-2009, 5 ans

J’ai tellement de souvenirs dans ce pays d’un peu plus de 14 700 000 habitants, parce que c’est celui de mes années d’université. Et quelles années… Ce que j’aime au Sénégal c’est ce mélange de tradition et de modernisme qui se côtoient au quotidien. Ces femmes qui savent si bien prendre soin d’elles, de leurs conjoints et de leurs lieux de vie. Le poisson, le riz sous toutes ces formes (c’était avant de connaître Madagascar), les fruits de mer, l’encens, les marchés Sandaga et HLM et Nice Cream (oui difficile d’y résister!). Les négociations interminables avec les marchands qui te disent « on discute waye on est pas à la pharmacie, dis ton prix seulment » pour finalement acheter le produit à 1/10 ème voire 1/50 ème du prix.

Le taximan qui peut te ramener à ton lieu de départ initial à cause d’une discussion, à son initiative, sur le montant de la course qu’il avait préalablement accepté. Ce pays peut extravertir tous les introvertis comme me l’a dit une fois mon amie Balkissa. Le fait que l’on peut tout ou presque y acheter au détail , le vinaigre, la moutarde, le café, mais aussi la pâte dentifrice et le déodorant (si si c’est très sérieux) et j’ai trouvé cela superbe parce que quelque soit vos revenus vous pouvez vous nourrir et avoir le minimum pour votre hygiène corporel au jour le jour.

C’est une capitale en ébullition et en chantier et s’il est vrai que le manque d’espace et la vie dans des immeubles peut très vite lasser,  je trouve aussi avec le recul que Dakar est une bonne capitale pour élever un enfant à cause de l’offre éducative et surtout de la richesse de la vie culturelle. Théâtre, centres de loisirs, récitals, concerts, tous les arts sous toutes leurs formes s’y côtoient. Saly, Ngor, Saint louis, Thiès et Gorée que j’ai eu le plaisir de visiter. Mais Dakar c’est aussi les loyers exorbitants, la saleté de certains quartiers, la pédophilie aussi, et la cherté de la vie, mais ça c’était avant de connaître le Gabon… L’hospitalité la fameuse Teranga y existe certes mais pas plus que dans de nombreux autres pays africains ou du monde. Je retiens mon passage à Niyel ou j’ai énormément appris et et rencontré des collègues extraordinaires. Il y a aussi eu les galères, les joies, les peines, les aventures et mésaventures de la vie d’étudiant et surtout surtout les amitiés exceptionnelles qui sont nées de ce séjour, je pourrai faire un livre sur ce sujet en 3 tomes. Dieureudieuf Sénégal!

Karibu Kampala! Ouganda 2010-2012, 9 mois

Magnifique pays aux paysages époustouflants d’un peu plus de 32 300 000 habitants. Béni des Dieux tant la terre y est riche. Un climat tempéré presque toute l’année. J’y ai fait 9 mois sans ventilateur, climatiseur ou chauffage dans notre maison. Les légumes, le poisson grâce au lac Victoria (gigantesque) ,les épices et les fruits à profusion surtout le Jack fruit que j’ai découvert et que j’adore (c’est comme un très très gros Corossol sans l’acidité et c’est très sucré). A lire Parlons popote, parlons bien! Le thé, le café et la musique. La musique ougandaise est exceptionnelle, d’excellents chanteurs et très peu de concerts en play back, les shows là bas sont de vrais shows en live. Les taxis motos appelés « boda-boda » (comprenne qui pourra), le vainqueur de Rfi musique 2010, Maurice Kirya était Ougandais et a gagné avec le titre « Boda-Boda hurry up, hurry up », vraiment hurry up!

Les Ougandais mangent, ils mangent vraiment beaucoup mais bien et le plat principal est le Matoké (tô de banane). Ils ont 7 variétés de banane plantain et chacune à sa particularité (pour la friture, pour les beignets, pour le Matoké, pour la grillage,..). La ville de Mbarara, la ligne de l’équateur l’un des endroits ou on peut s’arrêter en plein milieu des 2 hémisphères de notre planète. Et surtout JINJA où se trouve la source du Nil, le plus grand fleuve du monde. On peut y voir l’eau jaillir des profondeurs du Lac Vitoria, 2 eaux, l’eau douce et l’eau de mer qui coulent sans jamais ce mélanger, c’est exceptionnel, c’est ahurissant c’est tout simplement unique!

L’artisanat est si riche et si beau. Les crèches pour enfants payables à la journée, le pragmatisme des anglophones est ce qui les fait avancer. Mais les d’enlèvements d’enfants à l’époque contre rançons m’ont vraiment marquée ainsi que les attentats de Juillet 2010 le jour de la finale de la coupe du monde car l’un des lieux (le restaurant Éthiopien) était à moins d’un km de chez nous à côté de Kabalagala. J’ai pu y improve my english car ils sont anglophones. Mais ils ont cette particularité de ne pas mélanger vies privées et relations professionnelles, ils ne reçoivent pas beaucoup chez eux (en tout cas je n’ai pas eu cette chance) mais ils sont ouverts aux autres et vous laisse vivre en paix tant que vous  ne faites rien de répréhensible. J’y ai vendu du jus de gingembre et ça me rapportait plus que mon salaire de Coordinatrice Culturelle à l’alliance Française parce qu’ils ne connaissent pas. Donc pensez y si vous y êtes! Des rencontres fabuleuses et enrichissantes…Asante Ouganda!

Mbolo! Libreville, Gabon 2011-2015, 4 ans

C’est tellement compliqué d’entrer dans ce pays d’un peu plus de 1 500 000 habitants et aussi d’en sortir (visas, paperasse,…) que je m’attendais a découvrir un petit Quatar mais que ne ni… loin de là! Très beau paysage , une terre riche mais si peu exploitée. Un climat agréable (9 mois de pluies sur 12).  Le bord de mer, le grand marché Mont-Bouet une afrique en miniature car les commerçants y sont en général installés par nationalités et par produits. Le village artisanale qui regorge de décorations en pierres taillées, bois de toutes les variétés, raphia, pagnes,… Les feuilles de manioc, le chocolat, le gluant, le poisson salé, les fruits de mer, les embouteillages monstres, le faussé entre riches et pauvres et la chèreté de la vie! Mais aussi les contrôles de police, les longues heures pour avoir une autorisation de sortie du territoire ou pour renouveler sa carte de séjour en supportant le mépris et parfois les injures des agents de l’immigration. Les crimes rituels et sordides qui m’ont traumatisée et rendue paranoïaque,  les difficultés pour trouver une bonne nounou et le personnel de maison en général. A lire 6 conseils pour recruter une nounou.

On y trouve tout ou presque pour son alimentation mais à quel prix!? Le salaire minimum légal est de 150 000 frs CFA mais c’est comme vivre avec 50 000 frs CFA à Ouagadougou. J’y ai surtout appris le self control. Disons que je n’avais pas tout à fait le même sens de l’hospitalité que beaucoup de gabonais. Venant de l’Afrique de l’Ouest  certains comportement m’ont heurté jusqu’à ce que je m’y fasse et que j’y réponde fermement.  J’y ai vendu beaucoup de beurre de Karité, des tenues en pagnes tissés du Burkina , j’ai donné des cours de Marketing dans des écoles supérieures mais j’y ai toujours des impayés parce que faire crédit à Libreville est suicidaire. Évitez!!!

Mais j’y ai fait des rencontres formidables et je n’oublierai jamais le personnel de la clinique Union Médical ou j’ai mis au monde ma fille aînée, le personnel a été d’une gentillesse et d’une disponibilité qui m’ont marqué à jamais. Malheureusement je n’ai pas pu découvrir les autres villes du pays à cause de la maternité et de l’accès aux villes de l’intérieur.  Merci Gabao!

Tonga Soa! Antananarivo, Madagascar 1 mois

Ce pays que je découvre au fil des jours est beau et surtout la vie y est peu chère, le niveau de vie est à peu près le même qu’au Burkina mais avec une plus grande variété de fruits, légumes, d’épices et de riz. Le riz sous toutes ses formes,variétés,. A lire A la découverte d’Antananarivo.  Tout y pousse et je découvre des fruits et légumes rares pour tous les goûts. Un climat doux sur les côtes mais l’hiver est rude. D’immenses immeubles mais aussi des maisons en étages mais en banco… Oui car Tana est une belle ville mais j’y ai découvert la misère, je connaissais la pauvreté mais ici j’ai vu des familles dormir dehors sous 6° celsius tout simplement parce qu’elles n’ont pas de toits et encore moins de quoi manger ou se vêtir, la mendicité infantile vous tirent les larmes des yeux. Remercions Dieu pour nos acquis!

Les malgaches sont sympathiques, plutôt réservés de prime abord, ils ont une forme de nonchalance appelée ici la « mora-mora » (prononcer moura-moura) rythme le quotidien et leurs activités. C’est déroutant au début mais quand on les comprend on sait comment s’adapter et obtenir ce que l’on veut.

Hummm la vanille de Madagascar, les sacs, nattes, chaussures en rafia. La beauté et l’originalité de l’artisanat, fin délicat, coloré, ingénieux, tout simplement magnifique… A lire Exotiquement votre!  Je découvre, j’apprend chaque jour, chaque mois, chaque saison,  sur ce beau pays, mon nouveau chez moi! Salàma!

Ma soeur aînée Zeneb m’a dit: » on ne peut pas vivre dans un pays et vouloir changer ses habitants, c’est à toi de t’adapter ». Et c’est tellement vrai. On apprend toujours des autres et on sort toujours grandi d’un pays, riche d’expériences et de souvenirs! L’expatriation est une expérience fabuleuse, cependant je pense que quand on a le choix il ne faut pas faire plus de 3 ans dans un pays, en tout cas c’est mon seuil de tolérance.

A vous tous que j’ai rencontré pendant mes séjours et qui avez chacun à votre manière enrichie ma vie je vous dis MERCI!!! parce que sans toutes ces expériences je ne serai pas celle que je suis aujourd’hui… Ami(e)s d’ici et d’ailleurs Barka!

Tim

4 réflexions au sujet de « Dakar, Kampala, Libreville puis Antananarivo. »

  1. Mariam Sanogo dit :

    Fatim n’oublie pas de faire un tour au carnivore en tant sahélienne, tu vas adorer!
    Que de beaux souvenirs de ce pays où le mot étrangers n’existe pas dans leur langue.

    • Merci pour les bons coins!!! Je connais celui de Nairobi, ou même en tant que sahélienne qui AIME la viande , au bout d’un moment tu as juste envie de gifler le serveur tellement tu ne veux plus voir de viande lool. Je profite bien de ce magnifique pays!

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